PLAN DU SITE, IDEE D’ ENSEMBLE et description des fichiers

D’abord une mise au point: le site Permaculture Arts Fluides est un site de brouillons, de notes de recherche et de premiers jets, d’où le côté fleuve de certains documents où l’écriture me sert à poser mes idées. Il ne contient aucun texte ou document ayant fait l’objet d’une relecture attentive et de corrections, et la plupart des documents sont en cours ou inachevés. En conséquence, il ne faut pas s’étonner de tous leurs défauts innombrables, interruptions, fautes de frappe… Je n’ai pas régulièrement accès à internet et n’ai ni affinité ni goût prononcé pour ce type de travail malgré le temps que j’y passe parfois. Ces documents sont stockés ici pour me servir de sauvegarde et en permettre la consultation et la diffusion pour toute personne pouvant y trouver un intérêt, à savoir surtout des gens, ayant pratiqué ou étudié avec moi, qui m’ont demandé s’il existait des références écrites sur certaines pratiques, idées… que je peux mentionner dans des stages, cours ou conversations.

Pour rendre l’ensemble accessible au curieux égaré sur le site, je vais essayer de synthétiser les idées générales qui structurent cette collection apparemment décousue de documents.

  • Le site a pour thème ce que j’appelle les arts fluides, c’est-à-dire l’expression créative individualisée d’un être à travers n’importe quelle activité — l’art — dont les formes et moyens ne se figent ni ne se rigidifient en dogmes, habitudes et techniques vides de sensibilité et de conscience — fluide. Dans chaque domaine, les possibles moyens de l’art incluent la totalité de ce qui peut y être employé. Les seules limites absolues sont l’imagination et la pertinence des moyens par rapport aux fins (ou finalités, buts, destinations). Mais les limites relatives incluent aussi la pertinence par rapport aux contextes, aux choix et limites personnelles de l’artiste (de relations, d’éthique, limites physiques, énergétiques, émotionnelles, mentales, sociales de l’individu, de sa culture, société…) comme de son médium d’expression. L’art de la guerre inclut, dans l’absolu, tout ce qui peut être employé aux fins de la guerre. Mais l’art de la guerre manifesté par une personne n’inclut que les moyens et méthodes qu’elle a fait siens. L’art de la musique inclut tout ce qui peut être employé aux fins de la musique. Mais chaque musicien limite cette expression à ce qui lui correspond et à ce qui convient à son audience et ses buts. L’art du soin inclut tout ce qui peut être employé aux fins du soin… Mais ces moyens varient selon les définitions personnelles et collectives de ce qu’est le soin, de ce qu’il est censé faire, comment, pourquoi, avec quoi, par et avec qui, quand, etc. Les seules limitations sont celles qu’imposent la personne qui s’exprime, le milieu naturel et le milieu social dans lesquels elle le fait (culture, communauté), les moyens qu’elle y emploie (langage…) et la nature de l’activité elle-même (ex. musique militaire ou musique de chambre, musique pour vendre, communiquer ou exprimer quelque chose…).
  • La fluidité représente l’inverse de la rigidité, de la fixité, du conservatisme, du dogmatisme, de l’insensibilité… mais pas leur exclusion. Elle représente la polarité du mouvement par rapport à celle de l’état, du devenir par rapport à celle de l’être, du changement par rapport à celle de l’inertie, de l’immuabilité et de l’immutabilité… Elle est par certains aspects la polarité opposée complémentaire du mode de pensée dominant de la culture industrielle matérialiste, qui prévaut encore aujourd’hui même s’il est dépassé et remis en question de tous côtés. Mais elle en est aussi une partie dans ses aspects de progrès, d’innovation et de changement constant aussi créateur que destructeur. L’ambivalence de ces relations est exprimée au mieux par la relation chinoise du yin et yang qui s’opposent, se détruisent, s’engendrent, se contiennent, s’équilibrent… mutuellement. Malheureusement, il est fréquent que les courants de pensée, d’opinion, de recherche ou d’action… qui remettent en cause la rigidité des formes de pensée et d’action dominantes et leur contenu ou postulats visent à les remplacer par d’autres, censément différents dans leurs contenus, mais tout aussi rigides et dogmatiques dans leur volonté de domination, d’hégémonie et de monopole. Tout comme l’eau n’est pas une exclusion de la glace ou de la vapeur, la fluidité n’est pas une exclusion, d’une part, de la solidité, de la fixité et de la conservation, et de l’autre de l’évaporation, l’indéfini et du changement constant. Elle est plutôt une manière de penser et d’agir qui inclut les formes plus rigides des phases solides et celles, plus informes et vaporeuses, des phases gazeuses. La métaphore de la phase fluide évoque justement cette voie du milieu qui dispose du plus grand nombre de degrés de libertés, c-a-d de possibilités de créer ou dissoudre des liaisons et de changer de phase d’un côté ou de l’autre. La fluidité se manifeste autant dans la forme que dans le fond, autant dans les origines (causes), les destinations (fins, finalités) que les moyens de les atteindre. Elle est ainsi souvent associée au jeu, à la créativité, à l’art. L’ensemble des compétences qui permet à un être ou une société de survivre et de vivre, de jouer avec talent au grand jeu de la vie, peuvent ainsi être pensées comme des spécialités d’un art créatif et ludique plus vaste: le grand art de la vie.
  • Le champ des activités dans lequel se déploie l’expression créative d’une personne est potentiellement infini. L’art n’est alors qu’une qualité de conscience et d’attention investie régulièrement dans quelque action que ce soit. Cette définition en ferait un quasi synonyme de la culture en tant que toile d’aspects du monde auxquels la conscience se connecte régulièrement. La différence est que l’art est l’approfondissement ciblé de la communication à un seul (ou à un faisceau ciblé) de ces aspects, tant dans l’émission, ou expression, que dans la réception, ou impression. Il y a ainsi un art de percevoir autant qu’il y a un art de s’exprimer ou de communiquer.
    • Expression évoque une pression ou poussée qui jaillit à partir de, loin de, à cause de ou hors de… sa cause, son centre, son origine ou ses limites. Le flux qui exerce cette pression qui demande à sortir peut être, à première vue, mental (comme une idée ou une oeuvre qui demande être couchée ou accouchée sur le papier) ou émotionnel (comme une colère, un amour, une joie ou un désir qui veut s’exprimer). Mais, au final, il s’agit toujours de formes de la même énergie de vie, de changement et de création qui anime tout l’univers. Sa forme individualisée est ce que l’on peut appeler la créativité, le message ou le don personnel…, différents mots fréquemment associés à la notion d’art. Un don est ce qui nous est donné… d’abord par la naissance, puis l’éducation, les circonstances, les rencontres… mais il ne nous est pas destiné. Notre don est, par nature, destiné aux autres. Il est ce qu’on nous a donné et il est ce que nous avons à donner. L’expression de notre don et créativité propre est l’expression de la force de vie en nous. Et c’est aussi l’expression de notre fonction ou finalité sociale, ce que nous pouvons faire de mieux pour la grande alliance des êtres: être nous-mêmes dans notre diversité et faire profiter les alliances sociales réelles dont nous faisons part de notre trésor unique tout en recevant celui des autres.
  • Toute pratique, toute activité, tout art… se manifeste à différents niveaux : physique, énergétique, émotionnel, mental, psychique, spirituel, social… et sous différentes formes ou directions: pratique interne qui va de l’extérieur vers le centre, externe qui va du centre vers l’extérieur, combinée qui va en même temps de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur, mixte qui alterne, ou encore périphérique qui se focalise sur la relation et la zone de contact entre interne et externe, soi et non-soi. L’approche conservatrice ou rigide tend à focaliser le niveau auquel se déroule la pratique: une activité physique reste abordée au niveau physique, une activité mentale au niveau mental… L’approche fluide favorise la mobilité et la porosité entre les niveaux: une pratique physique est explorée par ses niveaux émotionnels, mentaux et énergétiques autant que spirituels, psychiques ou sociaux… de même pour une pratique ou activité mentale, émotionnelle ou énergétique… qui est complétée par toutes ses interactions avec les autres niveaux. La même versatilité vaut pour les approches internes ou externes: une activité externe est explorée par l’interne et réciproquement. Ainsi une activité externe, comme la course ou l’agriculture, peut être explorée à travers la conscience, la perception, la relaxation, la respiration, la posture, le mouvement, l’intention, la connexion… qui sont des éléments plus internes. Symétriquement, une activité interne, comme la relaxation ou la méditation, peut être explorée dans des environnements, des milieux sociaux ou des activités… plus stressants qui tirent la conscience vers l’extérieur et ses dangers ou nuisances.
  • Toute pratique ou activité existe à différents stades de développement : de ses formes primaires ou fondamentales, à ses formes les plus ‘évoluées’, spécialisées ou tardives… Ces stades de développement peuvent être pensés comme une embryogenèse des techniques, des pratiques ou des idées… ou une endosymbiose en série… dont chaque stade construit sur le précédent et y ajoute sa strate. Ces strates peuvent être de différentes natures et correspondre à différentes structures: de l’interne à l’externe, du débutant à l’expert, du physique au spirituel… Ainsi, par exemple, les actions qui permettent la survie peuvent être classées en strates superposées d’actions physiques: actions internes autonomes inconscientes (thermorégulation, système nerveux autonome, pulsations cardiaques…), actions internes conscientes (arts de respiration, contrôle des rythmes et circulations internes, relaxation…), actions externes sur soi (ex. thermorégulation par le mouvement, la friction de sa peau, les percussions, le souffle…), actions externes sur soi avec outils, actions sur le milieu sans outils puis avec, actions sur le milieu agrégeant plus d’énergies… Mais elles peuvent aussi être changées tant dans leur nature que leurs formes, moyens, buts… par tout changement de définition mentale personnelle de ce qu’est la survie ou de ses fins et moyens possibles… ou par des émotions (d’empathie, de peur, d’amour…) qui changent la relations aux autres, au milieu, à soi et aux activités. Un changement interne de conscience, d’attention et de perception peut faire la différence entre une même activité d’avancée dans des marais pleins de moustiques, de sangsues et d’odeurs qui est vécue par une personne comme une épreuve traumatisante et horrible dont elle veut sortir le plus vite possible, et, par une autre, comme une aventure et une découverte fantastique dont elle souhaite qu’elle n’ait pas de fin. Ces changements internes sont les premiers facteurs qui influencent l’issue des actions. Le désir de vivre est la première chose qui maintient en vie. La perte de cette motivation ou intention fondamentale rend l’issue de toute action, par exemple de survie, plus incertaine.
  • Les arts de vie sauvage, de vie en nature ou les pratiques de survie sont historiquement et par ordre de priorité … les premières (dans leur temps d’apparition) et principales (dans la nécessité et le temps qui leur est consacré) activités humaines. Elles sont le squelette ou, pour employer une autre image la charpente de toutes les autres actions ou activités qui ont été développées par la suite. Mais cette charpente s’appuie sur les fondations que sont les pratiques internes et baigne dans le médium omniprésent que sont les pratiques de conscience, de perception, de connexion et de relation. Elles forment donc les premières strates d’actions qui suivent la strate des fonctions internes autonomes et la strate des pratiques internes conscientes qui permettent d’interagir avec ces fonctions (ex. pratiques de respiration qui permettent de réguler l’apport d’air, la pression interne… ou pratiques de conscience-perception, posture-structure, relaxation-tension, intention…).
    • Ces arts de vie sauvage ou pratiques de survie sont généralement pensés comme n’incluant que des actions matérielles liées aux fonctions vitales. Mais la réalité vécue est qu’elles incluent dès le départ des pratiques immatérielles liées à des fonctions ayant trait à l’énergie ou l’information plus qu’à la matière (gestion de l’intention et de la motivation, gestion de l’organisation, gestion de l’information…), et qu’elles incluent aussi dès le début des actions liées aux fonctions existentielles et sociales. Le survivant doit, qu’il le veuille ou pas, faire société avec les êtres animés et inanimés qui l’entourent: négocier, entrer en guerre, s’allier… Il doit aussi, qu’il le veuille ou pas, s’inscrire dans autre chose que le simple maintien de ses fonctions physiologiques. Il doit faire sens de ce qu’il vit et en faire une expérience existentielle.
    • Parmi les strates d’évolution liées aux arts de vie sauvage, la première comprend toutes les actions menées sans pouvoir modifier l’environnement, puis celles qui imitent et amplifient des éléments qui s’y trouvent déjà, suivi de celles qui créent des formes inspirées d’éléments naturels là où ils ne sont pas présents… Les différentes strates sont à mettre en relation avec certains contextes d’actions et de milieu. Sans temps, énergie, connaissance, lumière, ressources, créativité… tout ce qui peut être fait est d’utiliser ce qui est déjà là au mieux. Une abondance de matière, d’énergie, d’informations, de vie, d’expérience… est nécessaire pour que les formes plus complexes (comme les technologies modernes d’habitat, d’outils ou de chauffage) se développent. Elles peuvent aussi être mises en lien avec l’évolution dans la pratique de son art et l’évolution interne de l’être.

Les liens entre les documents pdf et les textes écrits directement sur le site sont divers:

  • Ma recherche et mes explorations, en tant que voyageur, pratiquant d’arts du mouvement, travailleur intérimaire ou saisonnier, etc, m’ont poussé à chercher ce qui est commun dans des domaines apparemment très différents ou, en tout cas, cloisonnés par une culture de la spécialisation, de la segmentation et de la dépendance réciproque. Mon approche a été, et est toujours, de repartir explorer les bases, les formes les plus élémentaires des pratiques ou activités, tant dans ce qui y est fait physiquement que dans les postulats, langages, logiques et narrations qui en font sens. Ces explorations ont mené à un premier ensemble de papiers de recherche sur ce qui doit être fait pour survivre, que ce soit à l’échelle d’un individu, d’une société ou d’un écosystème, donc sur ce qui est appelé les fonctions vitales :
  • L’établissement d’un ensemble de moyens de survivre et coexister durablement dans un milieu donné mène à la notion de Culture qui est aussi rattachée à la capacité de survie d’un ensemble social et à la perpétuation de ses valeurs et capacités à travers l’éducation. Le fichier culture contient de grands schémas sur la culture en relation aux fonctions vitales. L’expérience moderne de la culture postule la capacité à survivre et à vivre de mieux en mieux par la guerre contre son milieu de vie et ses autres habitants, qui sont groupés sous le terme de nature. Cette guerre qui vise à la domination totale de la nature par la culture, et plus particulièrement par une culture dominante, laisse derrière elle des charniers, des champs de bataille, des champs de ruines et des zones ravagées, polluées et contaminées. Par définition, une culture de la guerre ne peut être une culture durable, soutenable ou permanente sans mener d’abord à la destruction de ce qui l’entoure puis, très rapidement, à sa propre destruction. Les recherches des causes, moyens, conséquences de, et alternatives à, cette culture impermanente ont mené aux domaines d’étude, d’exploration et de pratique de : la culture de l’oppression et de la domination, des cultures régénératives, de la permaculture
  • Nombre des documents pdf présents sont des cartes d’une forme ou d’une autre. Le système des cartes pédagogiques et les idées qui le sous-tendent sont décrits en détail dans le fichier principes du tarot d’apprentissage. Ce système est une petite partie de projets beaucoup plus vastes qui n’ont pas encore vu le jour.
    • Toute existence implique l’agrégation locale de matière, énergie, information et vie au détriment d’éléments locaux qui en sont vidés ou qui sont absorbés (du moins pour la matière, l’énergie et les formes de vie). Cette concentration génère une augmentation de la densité au centre et une diminution relative autour. Ces différences de densité génèrent des différences de pression. Les zones en surpression poussent pour s’étendre et distribuer leur excès sur un territoire plus vaste ou sur un plus grand nombre d’êtres tandis que les zones en dépression (sous pression) tirent vers elles les ressources en excès. Ce jeu des pressions est l’un des grands moteurs du jeu de la vie, des mouvements sociaux… Les fichiers culture de l’oppression explorent ce sujet par différents angles.
    • L’oppression est étymologiquement la pression exercée sur ce qui est devant. L’oppression volontaire est la continuation d’une surpression, dont on a pris conscience, sur les êtres qui nous entourent pour les repousser, les écraser ou les dominer. Cette surpression se nourrit des ressources, énergies et territoires qu’elle s’approprie. Elle épuise et vide son milieu naturel et son milieu social, compromettant à terme sa propre survie. La culture régénérative est une approche de la culture qui vise à perpétuer la capacité de la culture et du milieu à générer de la vie, de la vitalité, du vécu et des êtres pleinement vivants. Toute culture humaine qui a pu se maintenir dans le temps en a développé des formes. Les recherches les plus profondes, à ma connaissance, sur le sujet sont menées par le mouvement 8 Shields (8shields.org; en français, le site permavisions.fr en permet une première approche). Dans une formulation personnelle, ces recherches couvrent le domaine que j’appelle la culture de la connexion et de la relation. Celle-ci est le frein, le modérateur et la polarité opposée complémentaire qui équilibre la culture de l’action et de la production, autrement dit ce qui doit être fait et obtenu pour survivre puis vivre et prospérer matériellement. Les biais de celle-ci la poussent, à terme, à exploiter, dégrader puis épuiser et détruire les ressources dont les êtres se nourrissent, les milieux naturels où ils vivent, les milieux sociaux avec lesquels ils interagissent, les moyens qu’ils y emploient… Le champ de recherche de la culture régénérative et des cultures connectées à la nature relève de la culture de la connexion et fait le lien avec les cultures ancestrales, la nature, la vie communautaire… Il lui manque un lien avec le présent, la technique, le chaos des sociétés modernes… et les moyens d’y répondre et d’amorcer des transitions vers des alternatives possibles. La permaculture et le champ plus vaste des alternatives techniques, sociales, agricoles… auquel elle est associée permettent de faire le pont avec les préoccupations modernes. En les ancrant dans les fondations très stables et solides des cultures régénératives, la permaculture et les alternatives gagnent une dimension de lien sensible au monde ainsi que des compréhensions vitales des pratiques qui permettent de cultiver chez les êtres les attributs qui rendent l’alliance sociale à long terme possible. Sans ces dimensions, la Permaculture et les alternatives tendent à souffrir d’un manque d’enracinement dans le passé, le lieu, la nature, la perception et la connexion… qui les rendent susceptibles de dériver vers les écueils culturels de la société dominante: l’application aveugle d’idées et de théories sur les lieux et les êtres, la dérive technique, la même narration de séparation, de domination et de contrôle…
    • La permaculture représente le champ des recherches sur la possibilité d’établir ou rétablir des cultures qui s’inscrivent dans la durée. Les fichiers carte permaculture et carte permaculture histoire aborde surtout les principes, les grandes idées générales qui sous-tendent toutes les pratiques. Les fichiers permaculture éléments et perma éléments suite rassemblent des éléments pratiques organisés à partir des éléments naturels (eau, terre, feu, vie, air) dont ils relèvent. Le fichier perma poche contient la version originale du chapitre sur les principes que j’ai écrit et dont une partie a été utilisée dans le livre d’un ami. Le fichier diagramme perma contient des schémas sur l’idée de culture permanente. La permaculture est généralement associée par ceux qui en entendent parler pour la première fois à une méthode de jardinage, donc à l’une des modalités de l’acquisition de ressources alimentaires. Même si elle n’est pas une méthode de jardinage et ne saurait se réduire à la fonction d’acquisition des ressources, cette dernière en est, pratiquement et symboliquement, un aspect important. Elle l’est aussi tant des alternatives que des pratiques de vie en nature et de survie.
  • L’un des aspects importants de la culture de l’action et de la production comme de la permaculture et des alternatives est la culture des ressources alimentaires et utilitaires, résumée généralement à l’agriculture qui sert souvent de symbole de toute la fonction vitale de gestion des ressources. Les manières d’aborder l’acquisition des ressources vont de la trouvaille opportuniste, à la production industrielle maîtrisée dans tous ses aspects en passant par le glanage de ressources jardinées dans le sauvage, la chasse, la culture d’un écosystème (tending the wild) ou encore la paraculture (http://permaforet.org)… L’approche fluide de cette fonction vitale demande d’embrasser tout l’éventail des possibles pour en comprendre les tenants et aboutissants et pouvoir en combiner créativement les différents aspects et variables en fonction des situations.
  • Les problématiques liées à l’acquisition des ressources font émerger les questions de leur répartition, de leur renouvellement, des régulations limitant leur exploitation, etc. En d’autres termes, l’approfondissement de la question des ressources alimentaires et utilitaires mène inévitablement à la question de l’économie, en tant que gestion, intendance, normes ou habitudes… de la maisonnée, et à celle de la société en tant qu’ l’alliance, association ou chose suivie en commun.
  • L’exploration de ces sujets conduit à plusieurs champs d’études connexes, notamment tout ce qui concerne le milieu naturel et social, la nature en tant que processus donnant naissance au monde et aux êtres à partir de l’harmonie temporaire et éphémère qui naît de l’accord entre les êtres négocié par la grande diplomatie du vivant, la vie en tant que flux de changement de la nature prenant les formes de l’évolution, la mutation, la transformation…, l’énergie, en tant que fluide de la rivière de vie, la matière en tant que mère de la vie et particules mues par l’énergie… Le grand changement, mouvement d’ensemble et accord social issu de la conversation constamment changeante des existants est appelé nature, vie, énergie, matière, esprit… Il est le fond de l’étude de la fluidité, l’océan que les arts fluides cherchent à surfer, le médium par lequel l’harmonie ou la discordance des êtres se fait entendre. L’étude approfondie du changement, et donc de la nature, passe par la pratique du mouvement et celle de la perception.
  • La fluidité évoque l’image de l’eau. L’eau évoque le mouvement, les changements de phase, la recombinaison constante des associations, l’adaptation… La fluidité naît de la perception des flux du médium et des vecteurs des entités qui y nagent. Elle naît donc de la connexion au médium, à l’ensemble, et aux entités, à ses éléments. Cette connexion implique la conscience et la perception, la pulsation des flux et reflux (respiration, pouls), la condensation et la dissolution (contraction-décontraction = relaxation), les structures, mouvements, tensions et moteurs internes et externes (intentions et motivations). Par ces liens, les arts fluides sont intrinsèquement liés aux arts du mouvement et aux arts internes, donc à des pratiques comme le systema, le parkour, la méthode naturelle, le tai chi, le bagua… Le mouvement est l’une des formes du changement et l’une des fonctions vitales, autrement dit l’une des activités qui définit la vie, la rend possible et permet de la maintenir. La défense ou l’expansion du territoire interne et externe (par la prédation, l’agression ou la défense et protection) en est une autre. Les arts martiaux et les pratiques de combat sont le champ de l’expérimentation contrôlé de la gestion du territoire et des relations à l’altérité en situation d’opposition. Les fichiers systema et cartes systema… en explorent les relations. Le soin et la santé sont leur polarité opposée complémentaire: la forme de paix intérieure par la diplomatie entre tous les aspects de la société interne du corps esprit et la diplomatie avec les altérités du milieu de vie… mais ils peuvent aussi être l’application de la guerre à l’intérieur de soi, la guerre contre les maladies, les virus, la mort… La situation de pandémie, en tant que guerre contre ces altérités radicales nous croyons que sont la maladie, la souffrance et la mort, et les implications que cela peut avoir sont explorés dans les pages « le virus couronné et son écho vide » ainsi que dans les fichiers santé, alternatives aux pesticides et cartes santé et virus.
  • L’acquisition d’aliments est l’un des aspects de la fonction vitale de gestion des ressources mais c’est aussi une forme de prédation, donc d’expansion du territoire du soi aux dépends de celui de l’autre. Aussi obscures que paraissent ces connexions entre arts martiaux, arts de l’agriculture, de la chasse, arts du mouvement, arts du voyage, arts du soin… santé, société, énergétique, spiritualité, artisanats… Elles illustrent un aspect de la fluidité qui est de nourrir des pratiques physiques, de recherches mentales, énergétiques, spirituelles ou sociales et réciproquement… et de trouver les communs par lesquels une communication, une communauté et une unité qui cultive les altérités et la diversité sont possibles entre des êtres, pratiques, sociétés… qui sont profondément différents. A l’heure où la grande polarisation des idées et identités empêche les alternatives et les différents mécontents de s’allier pour exercer un contre-pouvoir, la redécouverte de la fluidité est une nécessité vitale qui ne garantit aucune victoire mais peut enrichir l’expérience de vie personnelle et collective de manière conséquente.

Pour finir, une dernière mise au point sur l’état d’esprit qui sous-tend les contenus présentés. Notre mode de penser culturellement établi postule l’existence d’une connaissance ou d’un savoir existant à-priori, hors de la relation aux êtres et aux choses. Dans cette approche, je peux connaître une personne, un animal, une époque, un domaine de pratique, un champ de recherche… en recueillant un grand nombre d’informations à son sujet (photos, livres, notes, statistiques…), tirées des autres et du passé. Nos études sont une illustration de cette foi et semblent parfois la valider puisque des gens sortent de leurs années de formation et réussissent à prendre une place dans la société et à mener à bien leurs tâches. Pour moi cette approche de la connaissance n’en représente qu’une polarité qui en elle-même, sans son opposé complémentaire et toutes les nuances qui les sépare, est incomplète et biaisée. Je peux lire des volumes sur un grand personnage de l’histoire ou sur une personne sur laquelle je fantasme, et ne rien connaître d’elle qui soit véritable, vécu et qui naisse de l’immersion dans une relation et son contexte. De même, je peux lire et apprendre que la terre est plate ou sphérique, ou cubique… qu’elle tourne autour du soleil ou de la lune ou l’inverse… sans jamais avoir pris le temps de créer une relation personnelle à ses mouvements et avoir, par observation et expérimentation, essayer d’en faire sens pour et par moi-même. Un diplôme de médecine ne signifie pas que j’ai la moindre idée personnelle vécue de ce que peut être la santé, même si je vais en imposer une idée préconçue que l’on m’a transmise par l’éducation à tous mes patients. Un poste ou un statut social ne signifie pas que j’ai la moindre capacité ou compréhension pour ce que je suis censé diriger ou faire.

La connaissance, dans l’un de ses sens, est une mémoire digérée et simplifiée du passé. Elle peut avoir deux usages:

  • cultiver la curiosité et l’émerveillement et inciter, à travers celles-ci, à une connexion et une relation toujours plus profondes avec ce dont elles traitent. Dans cette approche, toute science, tout art ou toute pratique… n’est pas pas une somme de connaissance ou de savoir-faire mais une quête, une enquête et un questionnement continu au sujet des domaines explorés. Connaissance et savoir-faire ne sont alors que des moyens de se rappeler la magie, le merveilleux, le mystère et la beauté qui sont contenus en chacune de ces choses. Transmettre ces connaissances et compétences est alors un moyen non pas de prédéfinir pour l’autre ce qu’il est censé voir ou faire quand il observe, étudie ou pratique ces domaines, mais de communiquer une partie de la beauté que l’on y voie pour que l’autre puisse y diriger sa curiosité, sa conscience et sa perception, en voir la beauté et, peut-être, en tomber amoureux.
  • se substituer à la connexion et à la relation en donnant l’illusion que le fantôme du passé permet de faire l’économie de la relation vécue dans le présent. Dans cette approche, puisque je sais que quelque chose est une pomme, ou un oiseau ou une personne et que je connais la définition d’une pomme, d’un oiseau ou d’une personne, je peux faire l’économie de la relation vécue en employant le bloc prédéfini de ce que ces choses sont censées être. Ayant défini ce qu’est une personne et peut-être ma relation à elle, je n’ai plus à observer la réalité de la personne qui naît à l’instant, sa nature en tant que flux, il me suffit de me contenter de leur définition statique, leur état. Si je l’ai définie comme mauvaise, je vois le mauvais en tout ce qu’elle fait. L’inverse si je l’ai définie comme bonne. La même dérive se produit quand je ‘me connais’ d’une manière statique et mentale plutôt que comme une attention continue et fluide à ce qui naît et que je définis comme moi. Dans un univers changeant et relatif, la connaissance qui définit et délimite est aussi nécessaire que dangereuse.

De tout ce que j’ai écrit dans les différents documents ou pages présentes sur le site, il n’est rien dont je crois que ce soit ‘la vérité’ ou une opinion assez supérieure aux autres pour mériter d’écraser et remplacer tous les autres points de vue. Idées et pratiques ne sont pour moi que des narrations parmi l’infinité des possibles, des jeux du mental qui peuvent avoir leur utilité mais peuvent aussi, dès qu’ils se rigidifient, devenir des contractions du mentale, des blocages du flux d’information qui empêche de percevoir l’infinie complexité et l’infinie simplicité. Par la nature du média employé, presque tout ce qui est publié ici apparaît sous forme d’idées et de mots, mais, pour moi, toute idée que je ne peux traduire en actions dans le mouvement, en pratiques physiques, énergétiques, émotionnelles, sociales, spirituelles, écologiques… n’est pas un contenu qui m’est très utile et auquel je m’attache longtemps. Cette traduction constante à travers les niveaux est l’un des contenus (peut-être) utiles que j’essaie de communiquer, mais c’est difficile à faire sans contact réel à travers le corps et tous les sens. Même s’il semble que ce ne soit pas ou plus la mode, je suis adepte de l’idée que l’on peut faire les choses sérieusement sans se prendre ni les prendre au sérieux. Rien de ce qui est écrit n’est sérieux dans le sens rigide, dogmatique et pesant que l’on donne au mot. Rien ne se veut une définition figée, raison pour laquelle j’explore souvent un grand nombre des définitions existantes ou possibles d’un mot ou d’une idée. Et rien n’est censé se substituer à la pensée, à l’observation et à la découverte personnelle… au contraire. Mon seul but est d’essayer de présenter ces idées de relation, de fluidité et de connexion… en tant qu’approches complémentaires et pas exclusives de celles qui sont plus couramment employées… avant la paralysie totale de nos pensées, opinions et sociétés par le dogmatisme et la polarisation.